jeudi 5 novembre 2015

Ceci est un test



Mon blog semble perturbé
En cliquant dessus, on se retrouve sur une autre page qui n'a rien à voir avec Mélusine !
Est-ce un bug ? un piratage ?
On vérifie ça et on revient !!

samedi 26 septembre 2015

Protection des abeilles

Plusieurs observances, en même temps qu’elles constatent l'attention que l'on accorde aux abeilles, ont pour but de les préserver des mauvaises influences. Au XVIIe siècle, bien des gens  ne voulaient pas acheter des mouches à miel, mais seulement les échanger, de crainte qu’elles ne profitent pas s'ils les achetaient. Cette croyance est encore très répandue, mais on peut les échanger contre un objet de même valeur.
En Haute-Normandie, on ne doit pas marchander la ruche.
A Guernesey, on la vend impunément si le prix est payé en or ; dans le Lauraguais, contre une quantité de blé ; lorsqu'on donne la cire gratuitement les essaims profitent mais si on la vend, cela leur porte malheur.
Il faut aussi se garder de compter les ruches ; dans les Landes, cet acte leur porte malheur ; dans l'Albret, il y fait venir le blaireau ; dans la Meuse, il suspend ou arrête le travail des abeilles.
Dans les Côtes-du-Nord, on tâche de disposer les ruches de façon à ce qu'on ne puisse facilement les dénombrer, et en Limousin, on en laisse toujours quelques-unes vides.

A la fin du XVIIIe siècle, on croyait dans quelques parties du Finistère comme de nos jours en Basse-Normandie, que si une ruche venait à être volée, les autres dépérissaient, et l'on négligeait dès lors de les entretenir ; en Basse-Bretagne, vers 1830 lorsque les abeilles avaient été volées, le propriétaire qui urinait, avant le lever du soleil, sur l'emplacement de la ruche reconnaissait le voleur ; les cheveux de celui-ci devenaient rouges. On est persuadé dans quelques parties des Vosges que les abeilles ne peuvent prospérer si le bois ou la paille de leur panier provient d'un vol.

L'usage de placer des talismans dans la demeure des avettes est courant en Haute-Bretagne : pour les empêcher de s'en aller, on met entre la pierre et la ruche un fragment de cierge béni ; un morceau d'acier ou de fer placé dessous préserve ses habitants du tonnerre.
Dans les Ardennes, l'essaim est déposé dans une ruche aspergée d'eau bénite. on a vu que les abeilles peuvent être fascinées ; il en est de même des vers à soie ; en Provence, la Mala-vista est contraire à leur réussite ; nombre de paysans du midi partagent cette croyance et ne consentent qu'avec la plus grande peine à laisser pénétrer des étrangers dans leurs magnaneries.

vendredi 25 septembre 2015

Emile Morel, l'imaginaire à fleur de peau

Le volatilisateur d'échappée belle

Né en 1975 0 Lyon, diplômé de l’École nationale des Beaux-Arts de Lyon, Émile Morel vit et travaille à Lyon.

"Je suis un dessinateur compulsif depuis mon enfance, dit-il.Je passais de longues heures à feuilleter les vieux magazines : Pilote, Métal Hurlant, les comics US de mon père, ou devant les nombreuses pochettes de disques de sa collection, tout en écoutant Pink Floyd, King Crimson, Yes et bien d'autres. Puis vinrent les chocs cinématographiques : La Planète sauvage, Le roi et l'Oiseau, Dark Crystal, Star Wars, plus tard Myasaki et Peter Jackson... Moebius, Lovercraft, Tolkien, mon goût pour la fantasy et le space opera est immense. J'habite mes images comme elles m'habitent".

Le monde d’Émile Morel renverse les valeurs. Il est rose sucré, mais inquiétant. Il semble lisse mais dispense une satire amère. Les femmes, offertes et plantureuses, y maternent des hommes enfants parfois replets. Les ciels sont souvent gris, comme chargés d'orage. Le monde d’Émile Morel peut paraitre surréaliste (les titres de ses œuvres le laissent à penser...) : il marie humour et pulsions, décline un bestiaire particulièrement fantastique, cherche un équilibre doucereux entre chien et chasseur, entre peau et écorce. Entre enfance et libido.

Son blog : http://emile.morel.over-blog.com/

FB pour le rejoindre :
https://www.facebook.com/%C3%A9mile-morel-114864750304/timeline/

mercredi 25 septembre 2013

Pagnol n'a rien inventé

A Albert Richard, qui conta quelques histoires de fées, dont quelques tours pendables - quand dans le pays de Dun la réserve de bois, devant la maison, prenait feu, on accusait non pas quelque gamin, mais des fées qui, pour ces méfaits se changeaient en chiens noirs -, on posait cette question :
- Vous nous dites que les fées incendiaient les réserves de bois, qu’elles fabriquaient des onguents dans de grandes marmites au fond de leurs grottes, qu’elles dansaient ensemble dans la forêt... Dites, elles ressemblent fort à des sorcières, vos fées ?
- Ben oui. Toutes les fées n'étaient pas gentilles. La majorité, oui, mais il y avait des exceptions.
- Alors, comment faire la différence entre une sorcière et une fée ?
- Oh ! ça, c'est bien facile. Quand une sorcière est jolie, eh ben, c'est une fée.

C'est exactement ce que Pagnol fait dire à Ugolin dans Manon des Sources : " Quand une sorcière est belle, eh bien, ça s’appelle une fée".

*** 
Tiré de "La Lorraine des légendes"
Par Roger Maudhuy
Éditions France-Empire


lundi 23 septembre 2013

Légendaire code d'amour rapporté par un chevalier breton


C'est au fond de la vieille Armorique, pays des fées et des vierges inspirées, que le code d'amour passe pour avoir été miraculeusement rapporté, André le Chapelain ne nous apprenant ni la date de l’héroïque aventure, ni le nom du chevalier qui accomplit cette entreprise.
Selon la légende, un chevalier breton parcourait les profondeurs de la forêt royale d'Artus, quand lui apparut, montée sur un riche palefroi, une pucelle de merveilleuse beauté, dont la chevelure dénouée flottait au vent.
- Je sais, dit la ravissante apparition, ce que tu viens chercher ici. Or, sans moi, tu ne réussiras à rien.
- Si vous voulez que je vous croie, répondit le chevalier, apprenez-moi ce que je cherche.
- La dame que tu aimes t'a imposé d'aller lui conquérir l'épervier qui se tient sur le perchoir d'or du portique de la cour d'Artus.
- Cela est vrai.
- Eh bien, apprends que tu ne peux obtenir le faucon désiré par ta maitresse, qu'en prouvant, les armes à la main, contre tous les chevaliers de la cour du roi, que la belle dont tu portes les couleurs est supérieure en beauté à toutes les autres. Tu ne saurais, en outre, franchir le seuil du palais, si tu ne montres aux gardes le gant magique, sur lequel doit venir se poster l'épervier enchanté ; ce gant ne s'obtient qu'en triomphant, en champ clos, des deux plus formidables champions de la chrétienté.
le chevalier réclame l'aide de la belle pucelle, dont il avoue ne pouvoir se passer :
- Si vous consentez à m'accorder ma double demande, joute-t-il, je sens que je puis tout braver sans crainte.
Charmée de tant de modestie et d'audace, la fée de la forêt le félicite et lui échange son cheval, familier avec les secrets des grands fourrés de Brocéliande. Bravant tous les périls et s'emparant du gant, notre chevalier trouve, attaché aux gets de l'épervier, un précieux livre dont les feuillets sont d'or, avant qu'une voix invisible lui dise :
- Toi qui as su conquérir le faucon pacifique, emporte avec lui ces pages, où sont gravées les règles d'amour, que le roi d'amour a lui-même tracées, afin de les faire connaître à tous les loyaux amants.
Revenu aux pieds de sa maitresse, le triomphant breton lui fit hommage de ce traité de toute courtoisie, sa dame récompensant sans réserve ses fatigues et sa vaillance. Puis, une cour nombreuse de dames et de barons fut convoquée, sans doute bien des années avant l’avènement de Marie de Champagne, et la maitresse du vainqueur de l'épervier révéla à la gracieuse réunion les règles rédigées par le dieu d'amour, lesquelles furent solennellement promulguées comme lois devant être observées et maintenues à toujours et sans fin, par ceux qui veulent être dignes d'aimer et d 'être aimés.
D'après.... "la vie au temps des cours d'amour" paru en 1876

***

Source : la France Pittoresque, N° 43 - 2e semestre 2013

vendredi 23 août 2013

Pour soigner l'insomnie


Ramassez vers le fin du mois d’août des fleurs de houblon dans les champs, mais seulement les fleurs femelles, à peine mûres, que l'on appelle cônes de houblon.
Faites-les sécher dans une étuve sans dépasser 40°, puis remplissez-en un oreiller.
Il vous suffira de poser votre tête sur cet oreiller pour dormir.

Les cônes de houblon sont traditionnellement utilisés pour leurs vertus sédatives calmant les accès de nervosité et les troubles du sommeil. En outre, ils facilitent la digestion et ont une action galactogène (présence de phytooestrogènes).

Utilisation :
En infusion : 1 cuillère à soupe par 1/4 de litre. A prendre le soir après le repas.

Villes englouties de la Provence


Non loin de la Ciotat, près du lieu où s'éleva Tauroentum, on raconte qu'une irruption de la mer fit disparaitre une ville. Lorsque l'eau est bien tranquille, on voit au fond des traces de murs, de maisons et de jardins ; seule l'église n'a pas subi de dégradation, et on l'aperçoit tout entière avec son clocher.
Dans son roman de La Chèvre d'or, Paul Arène a rapporté une légende semblable qui est populaire chez les pêcheurs des environs de Fréjus.
Près de Saint-Raphaël, on parle aussi d'une cité ensevelie sous la mer, et la croyance est assez enracinée pour que des marins aient plongé pour s'assurer de sa réalité ; ils n'ont point vu la ville, mais ils ont rapporté des briques. Il semble qu’elle est vivante au-dessous des flots ; car il en sort quelquefois des bruits de cloches, et on entend même tirer le canon, circonstance qui est due à un phénomène d’acoustique dont l'explication, assez simple pourtant, échappe aux gens du voisinage ; elle est peu distante des endroits où la flotte de la Méditerrannée vient faire ses exercices à feu.

jeudi 1 août 2013

L'eau des grottes guérissante ou fatidique

Grotte de Saint Honorat
La Provence compte une vingtaine de grottes miraculeuses, et peut-être davantage. Les unes sont simplement révérées d'une façon générale, anonyme peut-on dire, tandis que d'autres étaient l'objet à certaines époques de l'année, de cérémonies religieuses. Le jour de l'Assomption, les fidèles venaient entendre la messe dans celle de Châteauneuf, près de Moustiers. Jusqu'à ces dernières années, on est allé processionnellement à la grotte de Notre-dame de l’Estérel où se trouve une curieuse particularité, qui avait dû exciter de bonne heure l'attention des habitants de la contrée. Elle est disposée de telle sorte que les eaux de la pluie y font une citerne naturelle ; une ouverture s'y trouve placée si heureusement qu'à un certain moment de l’année, un rayon de soleil vient éclairer les parties qui restent dans l'ombre pendant tout le reste du temps.

Ce pèlerinage, ainsi que plusieurs autres, est en relation avec l'eau qui se trouve dans l'intérieur des cavernes. La fontaine formée par les infiltrations dans la grotte de l’Estérel et qui passe pour inépuisable, guérit les maladies, prévient celles qu'on pourrait avoir, fait trouver aux jeunes filles un mari suivant leurs désirs, et rend les femmes fécondes !

L'eau d'une grotte du Chablais possède aussi de propriétés guérissantes. l'eau de pluie qui se conserve dans une cavité de la grotte de sainte Diétrine à Saint-Germain-des-Champs a la propriété de faire disparaître les dartres ; le malade peut envoyer un mandataire qui récite neuf Pater et neuf Ave en l'honneur de la sainte. S'il doit guérir, la pierre de la grotte sue à grosses gouttes ; si elle demeure sèche, tout remède est inutile.

Au XVIIe siècle, on attribuait des vertus miraculeuses à l'eau des bassins des grottes de Féternes en Savoie.

L'eau qui séjourne dans les cavités de la grotte de sassenage (Isère) passait autrefois comme celle de certaines fontaines, pour être prophétique : " on y voit, dit un voyageur du XVIIè siècle, deux creux ronds médiocrement profonds, que la nature a faits dans un rocher solide ; elles sont vuides pendant toute l'année ; mais le jour des Rois, l'eau y entre à travers le rocher, quoiqu'il n'y ait ni trou ni crevasse, et le lendemain il n'y paroit plus ; les habitants du voisinage connoisent à la quantité d'eau qu’elles reçoivent chaque année, si la récolte sera bonne ou mauvaise : l'une de ces cuves annonçant la fertilité du bled et l'autre celle des vignes : et une longue expérience fait voir qu'ils ne s'y trompent jamais"

lundi 1 juillet 2013

Métamorphoses temporaires


Certaines métamorphoses sont temporaires, comme celle de Serpentin vert qui est un prince condamné par une fée à rester sept ans sous cette forme.

Dans un conte limousin, le fils d'un roi est serpent le jour et homme la nuit, et sa pénitence est près de finir lorsqu'une jeune fille vient demeurer avec lui.
Il en est de même du prince de récits basques : il n'a plus que deux jours à passer lorsque la jeune fille qui vivait avec lui dans la forêt, et qui est allé voir son père, reste quatre jours absente ; dans un conte mentonnais, un garçon doit prendre l’apparence d'un crapaud pendant le jour, comme celui qui figure dans un récit de Basse-Bretagne ; alors que celui-ci voyage, les méchantes sœurs de sa femme brûlent sa peau de crapaud, ce qui allonge sa métamorphose qui devait finir au bout d'un an et un jour.

La métamorphose des personnages transformés en reptiles cesse, comme celle des gens changés en bêtes, quand leur sang a coulé.
C'est ainsi que la grosse tortue d'un conte de la haute-Bretagne redevient une jolie demoiselle lorsqu'elle a été blessée par mégarde. Cette condition ne figure pas dans un récit de l'Albret, où pourtant il faut employer la violence pour détruire un enchantement : un jeune homme à qui l'on avait dit que sa fiancée était sorcière, fait venir le curé le soir de la noce, et tous deux en rentrant dans la chambre où devait être l'épouse, virent une belle couleuvre étendue sur le lit conjugal. Après une prière, le curé remit au mari un bâton, en lui disant de frapper sur la couleuvre jusqu'à ce qu’elle fût redevenue celle qu'il fallait ; lorsqu’elle eût été battue elle redevint une belle jeune fille.

Dans un conte wallon, une vieille femme métamorphose des jeunes gens en crapauds, en leur faisant manger des mets magiques.
Une sorcière d'un récit de Lorraine fait, d'un coup de baguette, subir cette transformation à tous ceux qui viennent à son château.
La vieille reine d'un conte de la haute-Bretagne, qui a maudit les fées, est changée en tortue.

mercredi 26 juin 2013

Le Grand Livre des Esprits de la Nature



Dans ce blog, j'ai déjà du vous parler des tisanières, des farfadets, des tiffenottes, et autres fées, lutins, farfadets, mais connaissez-vous les trottes-vieilles, les lumerottes, les fossegrim…? Non ?

Pour réparer cet oubli, je ne saurai vous conseiller alors de pénétrer au cœur du Grand Livre des Esprits de la Nature… Une œuvre qui vous entrainera au pays de ces créatures qui peuplent nos légendes et nos traditions. Richard Ely vous donne ainsi 1500 noms issus de ce monde magique entre conseils, poésie, croyances et curiosités… et joliment illustrés par la fée Frédérique Devos.

Égarez-vous, en espérant tout de même qu'au moment de la nuit de la Saint-Jean, vous ayez pris soin de cueillir la fougère censée produire une graine magique, pour posséder le don de l'invisibilité, vous permettre de toujours retrouver votre chemin… et écouter la nature vous entonner ses chants les plus beaux !



Mais pour en savoir un peu plus sur ce livre, Richard Ely a eu la gentillesse de répondre à nos questions. Entrez dans son jardin où s'entremêlent cris, rires et folies… 




 - Une première question très simple : Richard Ely, qui êtes-vous ?
Un banni de Féerie qui a été renvoyé de l’Autre Monde car il portait trop d’attention aux humains… Cet amour pour la race humaine m’a valu de perdre mon immortalité…
Plus sérieusement, je suis un passionné de folklore féerique, posant un regard d’ethnobotaniste sur ce qui lie plantes, hommes et légendes. Poète, également, lorsque je m’évade dans la Nature et sur papier…

- Avez-vous toujours été écrivain ?
Non, j’ai d‘abord du apprendre à lire et à écrire, donc cela n’a commencé que vers 7, 8 ans… Mais plus qu’écrire, c’est l’envie de décrire ou de raconter des histoires, d’en vivre surtout…

- Comment est apparue votre envie d'écrire ?
Il n’y a pas vraiment eu d’envie d’écrire. Communiquer par l’écrit m’est vraiment une chose naturelle que ce soit par un poème, une nouvelle, un conte ou un article rédactionnel. Je passe des heures et des heures à écrire…

- Et plus précisément ce livre "Le Grand Livre des Esprits de la Nature" ?
Là, le Grand Livre des Esprits de la Nature provient d’une question qui me taraudait depuis des années : l’origine des fées. D’où venaient-elles ? Et ces lutins, elfes, korrigans, lamina, farfadets… Ont-ils toujours existé ? La rencontre avec Frédérique Devos, fée de l’illustration, m’a permis de concrétiser ce projet de faire un livre, une sorte d’encyclopédie poétique et imagée du vrai monde des fées. Du coup, cela a pris trois belles années à se documenter, échanger avec des personnes du monde entier, recueillir toutes les infos possibles sur ce Petit Monde fantastique. Le résultat fut fabuleux : 1150 noms de fées et de lutins, un vrai tour du monde passant par l’Australie, la Chine, la Colombie… Avec, partout, cette petite mythologie merveilleuse, ces petits êtres grimaçants, ces belles déesses dansantes…

- D'où puisez-vous votre inspiration ? Quels sont les écrivains qui vous ont inspiré pour écrire sur les  fées, les lutins et toutes ces créatures ? Car votre livre me fait penser à Pierre Dubois, Claude Seignolle... de bien jolies références avec lesquelles je vous identifie de suite...
Pierre Dubois, je l’ai croisé il y a une quinzaine d’années dans mon village de l’étrange. Je balbutiais une envie d’écrire sur cet univers à l’époque. Il m’encouragea à continuer. J’ai gardé de très bonnes relations avec lui. C’est quelqu’un que j’admire beaucoup pour sa vision de la Féerie… Claude Seignolle, c’est un vrai exemple à suivre. Un homme de terrain, d’écoute, qui est a pu récolter beaucoup de choses et qui a écrit des livres fantastiques, que tout le monde devrait lire. Si Thomas Owen m’a donné le goût du fantastique, Claude Seignolle m’a ramené à mon enfance, à mes terres à travers ses livres et son parcours. Ces trois-là sont mes muses, en quelque sorte, ils m’ont chuchoté à l’oreille la bonne direction à suivre… Celle qui mène à l’Ailleurs, ce chemin où aiment à vagabonder nos âmes…

- Est-ce que vous avez du débusqué une sorcière ou une fée au fond des bois qui a bien voulu répondre à vos questions ?
Plusieurs ! Au fond des bois mais également des ruisseaux, au-delà des nuages et sur les plus hautes montagnes…

- Avez-vous visité des lieux ? Écouté de la musique particulière pour vous immerger dans l'ambiance ?
Non, pour ce livre-ci, aucune musique. Il a demandé beaucoup de concentration. Si une chose m’a inspiré, c’est la Nature : à côté des heures de travail derrière l’ordinateur, beaucoup de balades dans une nature silencieuse du bruit des hommes mais animée des chants, des cris, des petits bruits de pas, du bruissement des feuillages… Voilà la seule musique entendue tout au long du Grand Livre…

- Comment expliquer que ce monde féerique plaise encore à nos concitoyens ?
Je ne sais pas. Certains parlent d’une fuite… Ce serait dommage. Je pense au contraire plus à d’éternelles retrouvailles. Plonger en Féerie, c’est revenir au temps de nos enfances, ressentir toutes ces petites choses oubliées qui faisaient nos joies vers 2, 3 ans… L’émerveillement devant son image qui se déforme dans le reflet d’une casserole, le jeu du chat, l’odeur de la terre après la pluie ou la voix rassurante de cette grand-mère chérie…

- Quelle méthode de travail utilisez-vous ? Je suppose que vous avez eu un travail de documentation énorme pour rechercher tout ce qu'il y avait à dire sur ce monde féerique !
Pour ce livre, j’ai mis une année à me documenter, à rassembler un maximum de sources et à définir le plan de l’ouvrage. Ensuite, après avoir sélectionné les 100 créatures, vedettes de l’encyclopédie, je les ai travaillées les unes après les autres, explorant en profondeur essais, articles, témoignages à leur propos. Je me mettais alors à écrire la « fiche » en prenant un ton plus poétique, envolé, choisissant de raconter une histoire si celle-ci jaillissait, de m’attarder sur le paysage si c’est lui qui prenait le dessus dans ma rêverie d’alors. Une fois la page écrite, je passais à une autre créature. Ceci, avec le travail d’illustration de Frédérique mené de front, nous a pris deux années de plus.

- Combien de temps passez-vous en moyenne par jour pour l'écriture ?
Entre deux heures et six heures par jour, tous les jours, ceci compris lecture, documentation et écriture.

- Comment s'est passé le parcours de l'écriture à l'édition ?
Pour le livre, j’ai d’abord envoyé 23 dossiers à 23 éditeurs différents. Trois y ont été favorables. Une fois choisi de partie avec Guy Trédaniel, je me suis entouré d’autres talents pour la mise en page, la couverture… Nous avions envie de maîtriser toutes les étapes de création du livre.

- Comment avez-vous choisi votre illustratrice : Frédérique Devos ?
Ce sont les fées qui nous ont choisis. Frédérique avait envoyé un jour un dessin pour le blog Peuple-feerique.com que je tiens. J’avais remarqué son style et l’avais contacté. Première surprise : elle habitait à cinquante kilomètres de chez moi. Seconde surprise : elle vivait dans un univers féerique, un atelier rempli de lierre, de green men, de fées… Illustratrice professionnelle pour la jeunesse, elle avait à ce moment mis un terme à sa carrière. Fort heureusement, ce projet l’a convaincue de reprendre les pinceaux. Et avec le recul, personne d’autre n’aurait pu mieux développer cette image, l’atmosphère complètement réussi, naissant de l’alliance des mots et des images qu’elle a créées.


 - Avez-vous déjà eu des réactions à votre livre ? Quels sont ceux qui vous ont le plus touché ? Le plus énervé ?
Oui, beaucoup de réactions. Une chose qui m’a beaucoup plu, c’est que les lecteurs se sont mis à photographier le livre dans leur jardin, dans la forêt, près d’un cours d’eau… et à m’envoyer les photos que j’ai alors publiées sur la page facebook du livre. C’était une merveilleuse idée pour un livre sur les esprits de la nature de se retrouver au cœur de cette nature !
Le commentaire qui m’a le plus énervé ? Pour le moment, pas encore reçu… De toute façon le risque est bien plus grand de froisser les follets, fradets et farfadets qui entourent ce livre que de vraiment m’énerver !

- Que ressentez-vous après avoir terminé ce livre ?
Beaucoup de fatigue. Cela a été très difficile et ça l’est encore de me replonger dans mes autres projets.

- Quels sont vos projets pour l'avenir (un autre livre sur le monde féerique )?
Plusieurs livres jeunesse, pour les plus petits ; un livre illustré avec Pascal Izac, un illustrateur génial !, et la suite du Grand Livre des Esprits de la Nature que j’espère pour 2015.

- Quel est la créature de votre livre dont vous vous sentez plus proche ? Ou tout simplement amoureux ? Et celle qui vous a fait peur ? Ou vous a étonné ?
Je suis proche des créatures de mon pays, les marluzines, de ces saules-têtards qui se déplacent la nuit sur les chemins campagnards… Tout comme je crains les pépés crochets qui se tapissent au fond des puits pour vous agripper et vous noyer si par malheur vous vous penchez…

- Et vous ? Qu'aimez-vous lire ?
J’aime le fantastique de l’époque «collection Marabout» avec Owen, Jean Ray, Seignolle aussi… J’ai été nourri également de nombreuses bandes dessinées, avec des coups de cœur pour La Quête de l’Oiseau du Temps, Sambre, Le Retour à la Terre. Je lis également beaucoup d’essais, presque tous les livres de Jean-Marie Pelt que j’admire beaucoup. Parfois, je prends un livre au hasard chez moi et en lis une ou deux pages, juste comme ça, par amour des mots et m’arrête sur une phrase, petite clé qui m’ouvre alors à de longues escapades songeuses…

- Y a t-il une question que vous auriez aimé qu'on vous pose et que tout le monde oublie ?
Quel est mon arbre préféré ? Question à laquelle j’aurais répondu : je ne peux choisir entre le chêne ou le pommier…

Un grand merci à Richard Ely ! On lui souhaite de continuer à nous faire rêver au travers de ses livres merveilleux....

***
Photos : Mélusine

mercredi 12 juin 2013

Billet d'excuse



Oupsssssss....
Je suis désolée de vous avoir un peu "oubliés"....
Depuis le mariage de ma fille, il y a eu divers événements qui m'ont fort occupée :
D'abord des ennuis de santé pour mon mari et des contrôles répétitifs pour que tout aille bien...
Une lassitude (oui, oui, faut bien l'avouer !) pour rechercher des contes et de jolies histoires...
Puis un mois de mai chargé en fêtes et jours fériés, donc difficile de venir sur le PC...
La découverte de Facebook et de Pinterest et dont je partage volontiers toutes les images féeriques que je trouve et que je collectionne....
Des travaux à prévoir et notamment une terrasse pour profiter un peu de l'été... si Sire Eté veut bien  montrer le bout de son nez et ne pas faire comme son ami Printemps qui est resté sagement au lit !...
Des événements futurs et personnels qui pourraient encore une fois de plus m'obliger à déserter de temps en temps ces pages...
Bref, vous le voyez... les excuses ne manquent pas...
Mais on va vite se remettre au travail !
D’autant que j'ai une présentation à vous faire d'un auteur de livre de fées et qui devrait vous charmer... mais je ne vous en dis pas plus et vous retrouve bientôt...
Alors ? Suis-je pardonnée ?

Mélusine

jeudi 11 avril 2013

Les "hucheurs"

L'Hutzeran dont le nom patois vient de hutsi, appeler à grands cris, est un grand gaillard tout habillé de vert qui se cache dans les bois. D'une voix tantôt sonore, tantôt voilée, il ébranle les échos, il éveille les fées endormies dans les profondeurs du couvert. Il couche sur la mousse ou vit perché sur les plus hauts sapins. Lorsqu'une branche sèche tombe, c'est lui qui l'a touchée ; lorsque les feuilles brunes tourbillonnent en rondes fantastiques, c'est lui. Lorsque la neige s'écoule de branche en branche et tombe en farine, c'est encore lui. Si vous passez dans les grands bois silencieux, soyez prudents ; chantez, huchez, mais ne le faites pas plus de deux fois, sinon à votre troisième cri d'appel, il accourrait sur vous et vous ferait un mauvais parti.

Les montagnes d'Aigle et d'Oron ont très bien gardé sa mémoire ; à Panex, on raconte encore que ce génie susceptible et rageur allait parfois jusqu'à vous appréhender au corps, vous arracher sans façon une jambe ou un bras, qu'on avait cependant la consolation de retrouver le lendemain à la porte de sa demeure. Dans la colline boisée de Beauregard, on n'osait prendre la nuit, un ancien chemin appelé la Comme-du-Vau, à cause des apparitions qu'on y voyait ; on entendait sous les taillis des voix terribles crier aux passants : "Comme-du-Vau, y seu ! " D'autres répétaient : "Si tu n'avais ni pain, ni sau, dans lai Comme-du-Vau tu resteraus". Le pain et le sel étaient regardés comme des préservatifs contre les mauvais esprits.
Une sorte de farfadet tout habillé de rouge, dansait la nuit dans les bois de Warnecourt en criant : "Ah ! Oh !" et en modulant ces cris sur les notes de la fa ré ; on l'avait surnommé le bauieux du bois de Prix

mercredi 6 mars 2013

Les vieilles filles devenues chouettes

En Lorraine, les filles qui ont passé l'âge de 30 ou 40 ans et qui commencent à trouver le temps un peu long de n'être pas encore recherchées en mariage vont souvent dans la forêt crier à la chouette, c'est-à-dire accompagner ses tristes lamentations.
On croit dans les campagnes aux environs de Châteaubriant, qu'après leur mort les vieilles filles sont métamorphosées en chouettes, et qu'elles vont crier la nuit.
D'après une tradition de la partie centrale des Cotes-du-Nord, un chêne séculaire de la forêt de Coat an Hay est habité depuis un temps immémorable par une chouette rousse, dans le corps de laquelle se serait incarnée l'âme de Perrinnaic, la très problématique compagne de Jeanne d'Arc.
Le bruit fait autour de cette héroïne a pu contribuer à faire donner son nom à un oiseau en relation avec les filles réfractaires au mariage.

Une légende très répandue et fort ancienne, puisqu'on en trouve la trace dans Aristote et dans Pline, rapporte que les oiseaux voulurent un jour se choisir un roi ; la couronne devait être décernée à celui qui s’élèverait le plus haut dans les airs. L'aigle croyait gagner le prix, et fatigué s'apprêtait à redescendre, quand le roitelet qui s'était caché sous l'une de ses ailes, s'élança de sa retraite et s'éleva bien au-dessus de lui ; il fut proclamé le roi ou plutôt le petit roi des oiseaux et c'est pour cela qu'il est désigné dans nombre de pays par un nom qui fait allusion à cette royauté.
D'après une version des Côtes-du-Nord, lorsque Jésus Christ était sur la terre, il assembla tous les oiseaux et leur dit que celui qui volerait le plus haut serait leur roi ; l'aigle s'éleva à la plus grande hauteur ; mais la petite "bérée" s'était mise sur sa tête, et quand l'aigle fut hors d'haleine, elle s'envola en l'air bien au-dessus de lui.

Un récit de Basse-Bretagne explique pourquoi le pivert vole de haut en bas ; lorsqu'il vint en Armorique, il était en compagnie de la huppe ; mais il se trouva très fatigué en traversant la mer, et il se serait noyé si la huppe ne lui avait rendu courage par ses cris en l'appelant chaque fois qu'il faiblissait.

Une légende du pays messin raconte que la buse étant allée porter au paradis une pétition demandant que les enfants marchent en venant au monde, le bon Dieu lui donna une lettre agréant la requête des femmes, à condition qu’elles ne coucheraient plus avec leurs maris. Elles ne voulurent pas y consentir, et refusèrent de payer le messager qui ne leur avait pas apporté de bonnes nouvelles. Alors la buse leur dit qu'elles se paierait en prenant les poules et les oies.



jeudi 21 février 2013

Les vouivres et les basilics

Les puits servent souvent de repaire à des serpents fantastiques ; celui qui est bien connu dans l'Est sous le nom de vouivre, se tient parfois dans ceux de Franche-Comté.
L'un de ces dragons ailés habitait au milieu des ruines du château de Vernon, dans la Côte-d'Or, un puits aujourd'hui rempli par les décombres. Une femme du pays, venue pour cueillir de l'herbe dans la cour de ce château, le jour de la Fête-Dieu, avait apporté son enfant et l'avait déposé sur la terre. Mais elle avait à peine commencé son ouvrage qu’elle vit briller sur la pelouse une grande quantité de pièces d'argent ; elle s'empressa de les ramasser et d'en remplir son tablier. De retour à la maison, elle se débarrassa de son argent et s'aperçut qu’elle avait oublié son enfant ; elle retourna le chercher, mais il avait disparu. Elle alla lors consulter le curé de Laroche-en-Breil, qui sut que c'était la vouivre qui avait enlevé l'enfant ; il dit alors à la mère de conserver exactement l'argent et surtout de ne pas y toucher pour le rapporter l'année suivante, le même jour et à la même heure, et qu'alors la vouivre lui rendrait son nourrisson. Elle fit exactement ce que lui avait conseillé le curé, et elle retrouva son enfant bien portant et grandi, assis à la même place où elle l'avait déposé l’année précédente.

Pendant longtemps on a attribué les exhalaisons méphitiques qui s'échappent de puits, ou celles qui asphyxient ceux qui y descendent, à la puissance fascinatrice d'un serpent que l'on appelait basilic. Les histoires locales nous ont conservé le récit de plusieurs de ses méfaits. A Marseille trois puisatiers étant descendus pour curer le grand puits situé près de la Major, tombèrent comme foudroyés ; on suspendit les travaux et les Marseillais ayant voulu connaitre la cause de ces accidents, on leur apprit qu'ils étaient dus à un serpent redoutable et monstrueux, qui vivait au fond, et dont le regard seul était mortel pour les hommes.

Ordinairement, ce reptile, ainsi que ses congénères surnaturels, cause la mort de ceux qu'il voit le premier ; mais il crève s'il est tout d'abord aperçu par un homme. Plusieurs légendes racontent comment des gens avisés firent périr par ruse quelques-uns de ces serpents.
En Gascogne, l'eau d'un puits, jusque là claire et limpide, étant devenue toute trouble, le propriétaire était sur le point de faire venir des ouvriers pour le curer, lorsque sa servante lui dit d’attendre quelques instants ; elle alla chercher un petit miroir et cria : "Maitre, venez au puits !" Elle tourna son miroir vers le soleil, dnt la lumière rayonna jusqu'au fond ; le basilic leva la tête, le miroir lui montra son image et aussitôt il creva.
C'est par le même moyen qu'on se débarrassa en Franche-Comté et en Auvergne, de basilics qui faisaient mourir tous ceux qui allaient puiser de l'eau dans certains puits. Dans ce dernier pays, on craint encore un diminutif du serpent si redouté au Moyen Age ; c'est un petit reptile appelé le souffle, qui vit dans le puits et tue par son haleine l'homme qui s'en approche, s'il est le premier à le voir.



dimanche 13 janvier 2013

Les châteaux dangereux


Parfois les chercheurs d'aventures arrivent à un château situé au milieu d'une épaisse forêt, et qui, bien que n'étant pas en ruine, semble inhabité ; à certaines heures il reçoit la visite d'un nain d'une force prodigieuses, dont ils ont beaucoup de mal à venir à bout ; des châteaux, où tout semble préparé pour un repas, quoiqu'on n'y voie personne, sont hantés à minuit par des diables gardiens d'une princesse métamorphosée.

Un château dangereux est signalé de loin par une éblouissante clarté au milieu des arbres ; aucun de ceux qui y sont allés n'en est revenu, parce qu'une vieille qui en a la garde les a changés en statues.
Dans une version basque, il n'est visible que la nuit, et quand vient le jour, il est remplacé par une caverne où se tient un dragon.
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